Santé mentale et lâcher prise

Catégories Développement personnel

Dans le cadre d’une vie saine et sauve, il convient de se soucier autant de la santé mentale que du corps. Concernant ce bien-être de l’esprit, nous pouvons constater que nombre de dysfonctionnements mentaux  sont en corrélation avec la façon d’appéhender nos objectifs. Déceptions, dépressions, ressentiment, blocages, perte de sens voire d’identité viennent de là. Nous aimerions introduire ici l’attitude du lâcher prise qui peut nous aider à remédier à cela.

Comme le dit très bien Schopenhauer, notre vie est un éternel recommencement dans lequel, pour pallier à l’ennui, nous astreignons à des buts, des choses à posséder, des savoir être à adopter.

Or, bien souvent, une fois ces objectifs atteints, nous n’y prenons plus goût et nous allons même jusqu’à ne plus nous souvenir de la raison de ces derniers. Nous nous tournons alors vers d’autres choses à accomplir qui nous font croire que nous serons plus heureux avec. De ce fait, nous nous y agripons avec rage et angoisse. Malheureusement cette course effrénée est biensouvent couronnée de renoncement, de découragement ou de crise d’identité en cas d’échec. Se produit alors un abandon, qui n’est pas la même chose qu’un lâcher prise, et la santé mentale s’en ressent.  Cette dernière peut se retrouver grâce à une décrispation qui est une des caractéristiques du lâcher prise. Voyons à présent en détail pourquoi et comment cette attitude nous permettra d’être plus détendu, plus créatif, plus réactif et curieux, bref plus heureux et serein.

 

I Méfiance envers nos projections sur l’avenir :

Lorsque nous élaborons un objectif ou bien quand l’idée nous en vient spontanément, notre esprit met en corrélation immédiate les fruits de cet objectif et notre bonheur. Or, cette certitude est loin d’être acquise. Comme le montre Rousseau « on jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère ». Lorsque l’on forme un désir, un rêve on le modèle en imagination et on a tendance à n’y mettre que les aspects positifs du moment du succès. Bref, la construction fantasmatique est toujours enjolivée par rapport à la réalité obtenue. Il existe un décalage. Si nous réléchissons bien, tant sur un point logique qu’empirique nous ne sommes pas certains que les fruits de tel ou tel but nous apporterons les satisfactions visées. Proust nous le narre maintes fois dans A la Recherche du temps perdu. Nous avons tous pu, pour la plupart, en faire l’expérience. La vie est pleine d’incertitude et l’être humain est un constant devenir. Si les circonstances de notre désir/objectif ont changé au moment de l’obtention du résultat, il se peut même que l’objectif devienne objet de déplaisir.

Du fait de cet « allant de soi », notre esprit se crispe, nous sommes tendus et stressés durant tout le cheminement.  Nous avons ce fantasme de maîtrise qui nous démoralise si un aléa vient le contrarier. Si à la fin nous n’obtenons pas ce que nous voulions, nous renonçons à poursuivre au nom de toute l’énergie engagée pour rien. C’est cet écueil que l’attitude du  lâcher prise peutnous permettre d’éviter. Cette dernière va aussi nous permettre d’éviter une crise d’identité.

 

II Identité et réussite :

L’élément le plus déstabilisant concernant la poursuite d’objectif est le lien prégnant qui s’instaure entre notre identité profonde et ce que nous tentons de réussir. Nous sommes attachés affectivement, au sens d’emprisonné et d’aliéné à ce que nous accomplissons. D’où le stress et la pression que nous subissons.  En effet, si nous lions réussite et identité il y a des chances pour que la néantisation de la première entraîne la néantisation de la seconde ! Notre échec peut signifier une dépersonnalisation, une déprime par rapport à une perte de sens. Cela impacte la santé mentale. Notre boussole, notre direction est perdue et nous le devenons tout autant. Un but non atteint et tout est dépeuplé, nous ne savons plus qui nous sommes car sans orientation à suivre. Cela s’accompagne d’ordinaire d’une amnésie passagère par rapport à tout ce que nous avons accompli.

Les deux équations dangereuses pour la santé mentale sont donc : tout d’abord la relation de cause à effet automatique entre les fruits de notre objectif atteint et un bonheur plus grand, une meilleure vie. Ensuite nous avons l’identification entre notre identité et la réussite de notre objectif. Nous réussissons, nous sommes quelqu’un, nous échouons nous ne sommes plus personne ! Que peut alors nous apporter l’attitude du lâcher prise ?

 

III Relativisme et ouverture d’esprit :

Cette attitude peut nous apporter de la sérénité, c’est pourquoi nous vous proposons une petite méthodologie du lâcher prise :

  • tout d’abord dites-vous que quel que soit votre objectif, il peut avoir plusieurs voies de réalisations. Ne vous enfermez pas dans un lit de Procuste d’une voie à sens unique si l’une d’elle semble compromise!
  • ensuite soyez conscients que la vie est plus riche que votre imagination, votre projection  et que votre réalisation peut prendre des tournants inattendus qui peuvent changer la donne, parfois en bien. Soyez donc ouvert et même curieux de ces aspects du réel qui peuvent venir agrémenter la réalisation de votre but.
  • Relativisez les fruits de vos attentes car votre environnement évolue pendant votre quête,cela influe sur la valeur des résultats attendus et obtenus. Même vos désirs et votre façon d’envisager les choses évoluent, ce qui risque de vous faire considérer les choses autrement. Soyez à l’écoute et n’hésitez pas à changer d’orientation.
  • N’oubliez pas ce que vous avez déjà accompli, les routines qui ont fait de vous ce que vous êtes et ce que vous aimez être. Ce qui vous fait prendre du plaisir à l’existence. Ne faites pas reposer cette « essence » de vous-mêmes sur chaque nouvel objectif. Cela signifierait renoncer au bonheur d’être pour un hypothétique bonheur à venir. Cela vous ferait vivre dans un inconfort permanent. Vous êtes déjà quelqu’un et c’est déjà positif de vouloir avancer pour être plus et vivre de nouvelles expériences, explorer vos limites.
  • Enfin, ce qui va vous grandir ce n’est pas forcément l’obtention de votre objectif mais le chemin que vous allez suivre pour l’atteindre. La mise en œuvre de votre perévérance, votre adaptation, la découverte, l’apprentissage de nouveaux savoirs et habiletés, la rencontre inspirante de nouvelles personnalités, etc. Voilà ce qui doit vous apporter ! La réalisation de l’objectif n’est bien souvent que secondaire par rapport aux transformations opérées sur ce chemin.

Conclusion :

Cette attitude n’empêche pas de mettre tous les moyens au service de votre objectif mais ne négliger pas les apports de la quête à laquelle vous devez prendre du plaisir et non pas souffrir en permanence jusqu’à la délivrance ! Soyez à l’écoute de ce que la vie vous propose parallèlement aux circonstances de votre quête qui peuvent bien souvent vous suggérer d’autres façons de faire, voire une réorientation du projet. Surtout ne faites pas table rase de tout ce que vous êtes pour l’échanger sur l’autel du projet réalisé. Ayez la sérénité de l’Hydre de Lerne à qui si l’on coupe une tête une autre repousse aussitôt. Ayez une extériorité impliquée, investissez vous à fond mais en gardant toujours du recul. Il faut s’asseoir pour se regarder marcher comme disaient les grecs antiques et non pas se crisper sur un aspect de l’objectif sans voir les autres opportunités qui peuvent survenir. Soyez serein il est toujours permis de recommencer et de faire différemment. Nul besoin de parier toute sa mise sur une voie unique !

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